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Décennale sans expérience : les vraies options quand on débute

Sans diplôme ni chantier au compteur, l'accès à la garantie décennale reste possible mais suit des règles précises qu'il vaut mieux connaître avant de signer un devis.

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Par Hélène
Paris · 24 juillet 2026 · 5 min de lecture
Décennale sans expérience : les vraies options quand on débute

Un maçon qui vient de créer sa micro-entreprise, un couvreur qui quitte le salariat pour s'installer à son compte, une jeune architecte qui ouvre son propre bureau d'études : tous se heurtent à la même question au moment de facturer leur premier chantier. Sans la garantie décennale, impossible d'exercer légalement dans le bâtiment. Et sans expérience ni ancienneté, beaucoup craignent de se voir fermer la porte des assureurs.

Ce que dit la loi, sans ambiguïté

La garantie décennale n'est pas une option commerciale, c'est une obligation légale. Instaurée par la loi Spinetta de 1978 et codifiée aux articles 1792 et suivants du Code civil, elle impose à tout constructeur, artisan, entreprise de travaux, architecte, bureau d'études ou maître d'œuvre, de s'assurer contre les dommages qui, pendant dix ans après la réception des travaux, compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Elle se distingue de deux autres garanties souvent confondues : la responsabilité civile professionnelle, qui couvre les dommages causés aux tiers en dehors de ce périmètre décennal, et l'assurance dommages-ouvrage, souscrite non par le professionnel mais par le maître d'ouvrage, qui préfinance les réparations sans attendre qu'un tribunal tranche les responsabilités. Confondre ces trois contrats est une erreur fréquente chez les débutants, et elle peut coûter cher le jour d'un sinistre.

Peut-on être couvert sans avoir jamais travaillé à son compte ?

Oui, c'est possible. La loi n'impose pas d'ancienneté minimale pour souscrire une décennale : l'obligation d'assurance s'applique dès la première activité de construction, y compris pour une société tout juste immatriculée. En pratique, les assureurs et courtiers disposent de parcours pensés pour les créateurs d'entreprise, avec une recherche du dossier par numéro de SIREN, y compris pour les sociétés en cours de création, avant même l'obtention définitive du numéro. C'est le cas du courtier ASSU PRO (assur-risque.fr), spécialisé dans l'assurance décennale pour les professionnels du BTP, dont le parcours de devis en ligne permet d'engager une démarche dès les premières formalités de création.

Ce qui change réellement avec l'absence d'expérience, ce n'est pas l'accès au marché mais l'appréciation du risque. Un assureur qui n'a aucun historique de sinistralité sur lequel s'appuyer va s'intéresser de près à la formation suivie, aux qualifications obtenues, à la nature de l'activité déclarée et parfois à l'expérience acquise en tant que salarié avant l'installation. Un profil sans aucun antécédent dans le métier, sur une activité jugée technique comme le gros œuvre ou la charpente, peut susciter davantage de questions qu'un second œuvre plus standard.

Les portes qui restent ouvertes

Trois grandes familles d'acteurs interviennent sur ce marché : les compagnies d'assurance traditionnelles, qui proposent parfois des décennales via leurs réseaux d'agents généraux ; les mutuelles et assureurs spécialisés BTP ; et les courtiers, dont le rôle est justement de comparer les offres et de présenter le dossier sous l'angle le plus adapté au profil du professionnel. Pour un débutant, passer par un courtier spécialisé a souvent du sens : le dossier est monté une fois et diffusé auprès de plusieurs partenaires, ce qui évite de répéter les mêmes démarches auprès de chaque assureur.

ASSU PRO illustre cette logique de courtage centré sur le BTP : la plateforme couvre aussi bien les professions dites intellectuelles, architectes, bureaux d'études, maîtrise d'œuvre, que les professions physiques, artisans et entreprises de travaux, et prend en compte les questions de territorialité de la garantie lorsque l'activité s'exerce sur plusieurs zones géographiques. Le site précise également traiter des profils dits « à risques aggravés », c'est-à-dire des professionnels ayant déjà connu une résiliation ou une sinistralité passée, une situation différente du débutant sans historique, mais qui relève de la même logique : un dossier plus délicat n'est pas nécessairement un dossier fermé.

Le prix : une fourchette, pas un tarif

Aucun professionnel sérieux n'annoncera un tarif ferme sans étude du dossier. La cotisation d'une décennale dépend d'un ensemble de facteurs qui se combinent : la nature de l'activité exercée (un chauffagiste et un couvreur ne présentent pas le même profil de risque), le chiffre d'affaires prévisionnel ou réalisé, l'expérience et les qualifications du dirigeant, l'historique de sinistres s'il existe, et parfois la zone géographique d'intervention. Pour un débutant, l'absence d'antécédents peut jouer dans les deux sens : ni les malus liés à des sinistres passés, ni les bonus liés à plusieurs années sans incident. Les cotisations démarrent généralement à quelques centaines d'euros par an pour les activités les moins exposées, et peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros pour les métiers structurels ou les gros chiffres d'affaires, mais seule une étude personnalisée du dossier permet d'obtenir un montant réel.

Monter en gamme après les premières années

Une fois les premiers chantiers réceptionnés sans sinistre, la situation évolue. L'historique constitué devient un argument pour renégocier les conditions, obtenir des franchises plus favorables ou élargir le périmètre d'activités couvertes. Faire reconnaître ses compétences via des qualifications professionnelles (Qualibat ou équivalents selon le métier) renforce également le dossier auprès des assureurs. C'est un processus progressif : la décennale souscrite en début d'activité n'est pas figée, elle se rediscute à mesure que le professionnel construit sa réputation.

Dans tous les cas, chaque contrat a ses propres garanties, exclusions et franchises. La seule façon de savoir précisément ce qui est couvert consiste à lire les conditions générales et particulières du contrat, ou à en discuter directement avec un courtier ou un assureur, les informations générales données ici ne remplacent pas cette étape.

FAQ

Peut-on avoir une décennale sans expérience dans le bâtiment ? Oui. La loi n'exige pas d'ancienneté minimale pour souscrire, et des parcours existent pour les entreprises tout juste créées, recherchables par numéro de SIREN. L'absence d'expérience influence surtout l'appréciation du risque par l'assureur, pas l'accès au marché.

La décennale remplace-t-elle la RC professionnelle ? Non. La décennale couvre les dommages affectant la solidité ou la destination de l'ouvrage pendant dix ans après réception ; la RC professionnelle couvre d'autres types de dommages causés aux tiers. Ce sont deux contrats distincts.

Qui souscrit l'assurance dommages-ouvrage ? Le maître d'ouvrage, pas le constructeur. Elle permet une indemnisation rapide en cas de sinistre, sans attendre la détermination des responsabilités.

Le tarif est-il le même pour tous les débutants ? Non, il varie selon l'activité, le chiffre d'affaires, les qualifications et, le cas échéant, l'historique de sinistralité. Seul un devis personnalisé donne un montant fiable.

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