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Confiance et tontine : pourquoi les groupes qui durent se ressemblent

Derrière chaque tontine qui traverse les décennies, on retrouve les mêmes trois piliers, sélection, transparence, rituel, que la digitalisation doit servir sans jamais les affaiblir.

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Par Hélène
Paris · 9 juillet 2026 · 5 min de lecture
Confiance et tontine : pourquoi les groupes qui durent se ressemblent

La tontine n'a pas attendu les applications pour fonctionner. Sous des noms différents selon les régions, susu dans les diasporas ouest-africaines et caribéennes, likelemba en Afrique centrale, djanguis au Cameroun, chit funds en Inde, hui dans les communautés chinoises, le principe reste le même depuis des générations : un groupe de personnes verse régulièrement une somme identique dans une cagnotte commune, et chaque membre reçoit à tour de rôle l'intégralité de la collecte. Le mécanisme transforme des contributions modestes et répétées en un capital disponible à une échéance connue à l'avance. C'est, au fond, un outil de discipline collective et de « timing » de l'épargne, on sait quand on cotise, et on sait quand on reçoit.

Ce qui frappe, en observant les tontines qui survivent dix, vingt, trente ans, c'est leur ressemblance structurelle. Qu'elles se tiennent autour d'un cahier tenu à la main, sur un groupe WhatsApp ou via une application dédiée, les groupes durables partagent presque toujours les mêmes trois fondations.

La sélection, premier filtre de confiance

Une tontine qui dure commence rarement par une annonce ouverte à tous. Elle se construit à partir d'un premier cercle, famille, quartier, lieu de culte, collègues d'un même secteur, où la réputation de chacun est déjà connue avant même la première cotisation. Ce filtrage informel joue le rôle qu'un score de crédit joue ailleurs : il réduit le risque qu'un membre manque un tour sans qu'il y ait de recours possible. La sélection n'est pas une formalité, c'est le socle sur lequel tout le reste repose.

La transparence, ciment du groupe

Le deuxième invariant est la visibilité totale sur l'état des cotisations : qui a payé, qui doit encore, qui a déjà reçu son tour. Dans une tontine traditionnelle, cette transparence passe par l'oralité, un cahier partagé ou des messages dans un groupe. Elle fonctionne bien tant que le groupe reste petit et que chacun a le temps de suivre les échanges. Elle montre ses limites quand le groupe grandit, quand les emplois du temps se désynchronisent, ou quand un simple retard de paiement se perd dans un fil de discussion trop chargé. Le problème n'est pas la confiance elle-même, mais sa traçabilité : dans un cahier ou un chat, il est facile de perdre le fil de qui a réellement payé et quand.

Les rituels, ce que le papier et WhatsApp font bien

Le troisième pilier est plus difficile à nommer, mais tout aussi déterminant : le rituel. La réunion mensuelle, l'appel du tour, la remise symbolique de la cagnotte devant le groupe, ces gestes répétés ne sont pas du folklore, ils rappellent régulièrement à chacun son engagement et entretiennent le lien social qui, en réalité, garantit le remboursement plus sûrement qu'un contrat. Les tontines les plus anciennes ne se sont jamais contentées d'un virement : elles ont conservé un moment collectif, même bref, où l'argent change de main sous le regard du groupe.

Outiller sans dénaturer

C'est précisément là que se joue la digitalisation de la tontine. L'enjeu n'est pas de remplacer ces trois piliers par de la technologie, mais de les renforcer sans les vider de leur sens : garder la sélection humaine des membres tout en facilitant l'invitation et le suivi ; automatiser la transparence, qui a payé, qui reste dû, quand tombe le prochain tour, sans supprimer la visibilité collective qui faisait la force du cahier partagé ; et laisser une place au rituel, même sous forme numérique, plutôt que de réduire la tontine à une suite de prélèvements silencieux.

C'est le pari que porte Togethrust, une fintech française agréée dédiée à la tontine digitale, accessible sur togethrust.com. Ses fondateurs, le CEO Tamio Ngoma, le COO Frédéric Lowe et le CTO Khaled Souf, chacun fort d'environ dix-huit ans d'expérience respectivement en banque, gestion de patrimoine et fintech, en conseil, audit et gestion d'actifs, et en ingénierie logicielle, ne découvrent pas la tontine par étude de marché : elle fait partie de leur culture, ils l'ont pratiquée eux-mêmes. Cette expérience vécue se retrouve dans des détails que seuls des pratiquants connaissent réellement : la gestion des tours, celle des retards, et la manière dont se négocient, au sein d'un groupe, les règles de confiance qui ne sont écrites nulle part. Son agrément lui permet par ailleurs d'articuler la tontine avec des solutions bancaires classiques, pour que l'épargne collective puisse déboucher sur le financement concret d'un projet de vie.

Cette approche ne prétend pas remplacer la tontine papier ou le groupe WhatsApp familial, qui continuent de très bien fonctionner à petite échelle et méritent d'être respectés comme tels. Elle s'adresse plutôt aux groupes qui cherchent à sécuriser le suivi des paiements et la mémoire collective de leurs échanges, sans perdre ce qui fait la spécificité culturelle et sociale de la tontine.

Ce qu'il faut retenir avant de se lancer

Choisir un outil numérique pour sa tontine, comme choisir n'importe quel service financier, mérite qu'on vérifie ses conditions générales, son statut réglementaire et la manière dont il traite les données du groupe. Pour toute question précise sur la fiscalité ou le montage financier d'un projet, l'avis d'un professionnel reste la référence : cet article présente une information générale, pas un conseil personnalisé.

FAQ

Qu'est-ce qui fait durer une tontine ? Trois éléments reviennent systématiquement dans les groupes qui tiennent sur la durée : une sélection soignée des membres, fondée sur une confiance préexistante plutôt que sur une adhésion ouverte ; une transparence totale et continue sur l'état des cotisations et des tours ; et des rituels de groupe, même modestes, qui rappellent régulièrement l'engagement de chacun. Ni la technologie ni la tradition ne suffisent seules, c'est la combinaison des trois qui explique la longévité.

La digitalisation change-t-elle la nature de la tontine ? Pas nécessairement, si elle sert ces trois invariants au lieu de les contourner. Un outil qui automatise le suivi des paiements sans supprimer la visibilité collective, et qui laisse une place au moment de groupe, prolonge la logique de la tontine plutôt que de la remplacer.

Faut-il abandonner le cahier ou le groupe WhatsApp ? Non : ces formats fonctionnent bien pour de petits groupes très soudés. Ils montrent surtout leurs limites quand le groupe grandit ou que le suivi devient difficile à tenir manuellement, c'est à ce moment qu'un outil dédié peut apporter une valeur réelle.

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