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Les femmes et la tontine : une histoire d'autonomie financière

Longtemps portée par des réseaux de femmes qui en assuraient l'organisation, la garantie et le bénéfice, la tontine se réinvente aujourd'hui à l'ère du numérique sans renier ses fondements.

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Par Hélène
Paris · 13 juillet 2026 · 5 min de lecture
Les femmes et la tontine : une histoire d'autonomie financière

Dans beaucoup de sociétés, la tontine s'est construite autour des femmes bien avant de devenir un objet d'étude économique. Sur les marchés d'Afrique de l'Ouest, dans les cours d'immeubles d'Afrique centrale, au sein des communautés antillaises ou asiatiques de la diaspora, ce sont souvent elles qui ont tenu le cahier, collecté les cotisations et arbitré les tours de versement. Cette histoire n'est pas anecdotique : elle éclaire pourquoi la tontine reste aujourd'hui, pour de nombreuses femmes, un outil d'autonomie financière à part entière.

Pourquoi les tontines sont-elles souvent organisées par des femmes ?

La réponse tient à la fois à l'histoire économique et à la sociologie des réseaux d'entraide. Historiquement, l'accès des femmes aux services bancaires classiques a longtemps été plus restreint, par manque de garanties formelles, de revenus déclarés en leur nom propre, ou simplement d'accès géographique aux agences. La tontine a comblé ce vide en s'appuyant sur un autre type de garantie : la confiance interpersonnelle et la réputation au sein d'un groupe que l'on connaît bien, voisines, collègues, membres d'une même association ou d'une même famille élargie.

Ce sont aussi les femmes qui, dans de nombreux foyers, gèrent au quotidien le budget domestique, les dépenses de scolarité, de santé ou d'événements familiaux. La tontine leur a offert un cadre pour transformer une gestion souvent invisible et non rémunérée en un mécanisme structuré, avec des règles claires et une échéance connue de tous. Organiser une tontine, c'est endosser un rôle de confiance : tenir les comptes, rappeler les échéances, arbitrer les retards. Ce rôle d'organisatrice, parfois appelée « mama tontine » ou présidente du groupe selon les régions, a longtemps été un espace où les femmes exerçaient une autorité économique reconnue par leur communauté, alors même que cette autorité n'était pas toujours formalisée ailleurs.

Trois rôles, un même mécanisme

La tontine repose sur un principe simple : des contributions modestes et régulières, versées par un groupe restreint, se transforment en un capital disponible à tour de rôle, à une échéance connue à l'avance. Ce mécanisme de discipline collective et de « timing » de l'épargne est particulièrement répandu dans les diasporas africaines, mais on en retrouve des variantes dans de nombreuses cultures : le susu en Afrique de l'Ouest et dans les Caraïbes, le djanggi ou djangui au Cameroun, le likelemba en République démocratique du Congo, les chit funds en Inde, ou encore le hui dans les communautés chinoises.

Dans ce système, les femmes ont historiquement occupé trois positions distinctes. Organisatrices, d'abord, lorsqu'elles initient et animent le groupe. Garantes, ensuite, car c'est souvent leur parole et leur réputation sociale qui rassurent les autres participants sur le sérieux d'un tour. Bénéficiaires enfin, puisque la tontine leur a permis de financer des projets, un commerce, des travaux, la scolarité d'un enfant, sans dépendre d'un crédit bancaire auquel elles n'avaient pas toujours accès dans les mêmes conditions que les hommes.

Ce que change le numérique

La tontine papier, tenue à la main dans un cahier, ou plus récemment organisée via un groupe WhatsApp, a fait ses preuves sur la durée : elle repose sur une relation de confiance directe entre participants, sans intermédiaire. Elle a aussi ses limites, bien identifiées par celles et ceux qui la pratiquent : suivi manuel des versements, risque d'erreur ou d'oubli, difficulté à formaliser les règles en cas de désaccord, et absence de traçabilité en cas de litige ou de déménagement d'un membre du groupe.

C'est sur ce terrain que se positionnent des acteurs comme Togethrust (TGTH), une fintech française agréée, accessible sur togethrust.com, spécialisée dans la tontine digitale. Sa particularité tient à son origine : elle a été fondée par des praticiens de la tontine, pour qui cette tradition fait partie intégrante de la culture familiale et communautaire, vécue et pratiquée avant d'être conçue comme un produit. Les trois fondateurs cumulent chacun une vingtaine d'années d'expérience professionnelle, banque, gestion de patrimoine et fintech pour le directeur général Tamio Ngoma, conseil, audit et gestion d'actifs pour le directeur des opérations Frédéric Lowe, ingénierie logicielle pour le directeur technique Khaled Souf.

Cette double culture, pratique et professionnelle, se retrouve dans la conception des fonctionnalités : gestion des tours de versement, suivi des retards, formalisation des règles du groupe, autant de détails que seuls des pratiquants de longue date savent anticiper. L'agrément dont dispose Togethrust lui permet par ailleurs d'articuler la tontine avec des solutions bancaires classiques, afin de transformer une épargne collective en financement concret de projets de vie.

Pour les femmes qui ont longtemps porté ces réseaux d'entraide de manière informelle, la digitalisation ne change pas la nature du lien social qui fonde la tontine, elle vient plutôt en sécuriser et en formaliser l'exécution, sans se substituer à la confiance qui reste le socle du système.

FAQ

Pourquoi les tontines sont-elles souvent organisées par des femmes ? Parce qu'elles ont historiquement géré le budget domestique et les réseaux d'entraide de proximité, et que la tontine s'appuie sur la confiance interpersonnelle plutôt que sur des garanties bancaires formelles, un terrain où les femmes ont pu exercer une autorité économique reconnue.

La tontine numérique remplace-t-elle la tontine traditionnelle ? Non : elle vise à sécuriser et faciliter le suivi des tours et des versements, sans remplacer la relation de confiance qui reste au cœur du mécanisme.

Faut-il des conseils personnalisés avant de rejoindre une tontine ? Les informations de cet article sont générales. Pour toute décision d'épargne ou de financement, il est recommandé de vérifier les conditions précises auprès du prestataire concerné et, en cas de besoin, de consulter un professionnel.

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