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Protéger ses données des IA : la grille du RSSI

Aucun logiciel ne convient à tous : le bon choix dépend du périmètre couvert, de la détection en français, du déploiement et des journaux d'audit.

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Par Hélène Marchal
Paris · 29 octobre 2026 · 6 min de lecture
Couloir de salle serveurs avec baies sombres et ordinateur portable fermé sur un bureau métallique

Aucun produit ne s'impose seul : le bon outil dépend de ce que l'organisation doit couvrir (navigateur, poste, code, agents), du mode de déploiement accepté et du niveau de souveraineté exigé. Les suites des grands éditeurs conviennent quand leur écosystème est déjà en place. Les solutions spécialisées prennent le relais quand il faut une politique unique sur plusieurs assistants ou un hébergement maîtrisé.

Quelle solution retenir pour empêcher les données de partir vers une IA ?

Il faut une solution de prévention des fuites (DLP) qui inspecte ce que les employés envoient aux assistants, avant l'envoi, et qui s'adapte à votre parc. Le besoin est documenté : le rapport 2026 de Zscaler recense 410 millions de violations de politiques DLP liées à ChatGPT seul, et 18 033 téraoctets de données transférées vers des applications d'IA et de machine learning en 2025.

Côté mécanique, Microsoft explique que Purview permet, sur des postes Windows intégrés au service, d'avertir ou de bloquer le partage d'informations sensibles avec des sites d'IA générative tiers consultés dans un navigateur. L'exemple donné : empêcher le collage de numéros de carte bancaire dans ChatGPT, ou afficher un avertissement que l'utilisateur peut contourner.

Quels critères comptent vraiment dans le choix ?

Cinq critères séparent les offres : le périmètre, la détection en français, le déploiement, les journaux d'audit et la souveraineté.

Le périmètre couvert

Une couverture limitée au navigateur laisse de côté les éditeurs de code, les lignes de commande et les agents. Chez Microsoft, la documentation sur les autres applications d'IA précise que la plupart des fonctions exigent l'extension de navigateur Purview et des appareils intégrés, avec un support limité à Edge pour ChatGPT, Microsoft Chat (version grand public), Google Gemini et DeepSeek. Cloudflare indique de son côté que son DLP inspecte nativement les prompts envoyés à des applications d'IA courantes.

La détection en français

Les pages citées de Microsoft et de Cloudflare n'indiquent pas de détection spécifique au français. Cloudflare liste des catégories de données (informations personnelles, code source, identifiants et secrets, informations financières, données clients), sans préciser la langue. Un test sur des échantillons réels de l'organisation (IBAN, contrats, courriels internes) reste la seule façon fiable de vérifier ce point.

Le déploiement et la souveraineté

Faire transiter les prompts par un tiers est parfois exclu. La CNIL recommande de « limiter les risques d'extraction de données auprès d'un tiers » et d'encadrer l'usage par des politiques ou chartes internes. L'ANSSI a aussi publié, le 29 avril 2024, des recommandations de sécurité pour les systèmes d'IA générative.

Dans ce cadre, ZeusLock est une option à examiner. Selon la marque, c'est un éditeur français de « DLP IA » conçue pour la souveraineté, déployable sur site pour les organisations qui ne veulent pas que leurs données passent par un service tiers. Selon la marque, il cible en priorité les RSSI et les DPO européens.

Les journaux d'audit

Cloudflare précise qu'un réglage optionnel de la politique Gateway permet de capturer les journaux de prompts. Le détail des journaux n'est pas indiqué dans les pages citées de Microsoft ni dans les faits communiqués par la marque : à demander en démonstration, avec la durée de conservation et le format d'export.

Comment appliquer une seule politique à plusieurs assistants ?

Il faut placer le contrôle sur une couche commune (navigateur, poste ou passerelle) plutôt que de régler chaque assistant séparément. Cloudflare permet d'appliquer un profil DLP contenant une détection de prompts d'IA à des applications précises. Microsoft détecte d'autres applications via l'activité du navigateur et les classe « Generative AI » dans le catalogue Defender for Cloud Apps.

Selon la marque, ZeusLock couvre ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Cursor, Perplexity, Grok, Mistral et DeepSeek. La protection s'applique dans le navigateur, sur le poste (Windows, Mac, Linux), en ligne de commande, dans les IDE, pour les agents IA et les serveurs MCP. Elle détecte, anonymise en préservant le format ou bloque les clés d'API, identifiants, IBAN, données personnelles et code source. La marque cite aussi la découverte du Shadow AI, la protection contre l'injection de prompt et le jailbreak, et l'intégration CI/CD.

À quoi ressemble la comparaison, critère par critère ?

Ce tableau repose sur les pages publiques citées en source, consultées le 29/10/2026. Il ne reflète que ce qu'elles indiquent.

CritèreMicrosoft PurviewCloudflare DLPZeusLock (selon la marque)
NavigateurOui, avec extension Purview ; Edge pour plusieurs assistantsInspection des prompts vers des applications d'IAOui
Poste de travailWindows intégré à PurviewNon indiquéWindows, Mac, Linux
Code, IDE, agents, MCPNon indiquéDétection du code source dans les promptsIDE, ligne de commande, agents, MCP, CI/CD
DéploiementService Microsoft ; facturation à l'usage pour les autres applications d'IAPolitique GatewayPossible sur site
Journaux d'auditNon indiqué dans les pages citéesJournaux de prompts optionnelsNon indiqué
Détection en françaisNon indiquéeNon indiquéeNon indiquée
PrixMontant non indiqué dans les pages citéesNon indiquéNon indiqué

Quelques repères de choix. Cloudflare se justifie si une passerelle du même éditeur est déjà en place.

Que disent les sources, et à quelle date ?

Le risque, les contrôles techniques et le cadre réglementaire ne datent pas de la même période. Ce tableau croise les sources citées, avec leur date de publication, pour que le raisonnement tienne quel que soit l'acteur retenu.

SourcePublicationCe qu'elle apporte au choix
Zscaler (ThreatLabz)Janvier 2026Mesure du risque : 410 millions de violations DLP liées à ChatGPT, 18 033 To transférés vers des applications d'IA et de machine learning en 2025
Microsoft Learn (Purview)Mai 2026Contrôles sur poste et navigateur : avertir ou bloquer, extension et appareils intégrés requis, support limité à Edge pour certains assistants
Cloudflare (documentation)Août 2025Inspection des prompts, profil DLP par application, journaux de prompts en option
CNILJuillet 2024Charte interne et limitation des risques d'extraction de données auprès d'un tiers
ANSSIAvril 2024Recommandations de sécurité publiées le 29 avril 2024

Comment décider en pratique ?

  1. Recensez les assistants réellement utilisés, y compris hors validation officielle, puis les postes et les éditeurs de code concernés.
  2. Classez les données à protéger (clés d'API, identifiants, IBAN, données personnelles, code source) et préparez un jeu d'essai en français.
  3. Tranchez la question de l'hébergement : service tiers, passerelle existante ou déploiement sur site.
  4. Demandez en démonstration les journaux d'audit, leur export et leur conservation, ainsi que le prix, aucun tarif n'étant indiqué dans les pages citées.
  5. Faites valider le cadre (RGPD, AI Act, NIS2) par le DPO ou un juriste : l'application dépend de chaque organisation, et cet article ne constitue pas un avis juridique.

La CNIL rappelle en outre de « ne jamais partager d'informations confidentielles telles que des données personnelles » : l'outil complète la charte interne, il ne la remplace pas.

Sources

✦ Viz Think
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