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«Ville de demain» : quand le foncier devient un levier de transformation urbaine

Le programme Ville de demain et les réflexions portées par des acteurs comme Nicolas Régnier remettent le foncier au cœur du débat sur la fabrique urbaine.

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Par Hélène
Paris · 9 juillet 2026 · 2 min de lecture
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Il y a dans l'expression « ville de demain » quelque chose qui agace autant qu'il fascine. On l'a vue fleurir sur des diaporamas de cabinets conseil, dans des appels à projets européens, dans des discours de maires en campagne. Pourtant, derrière le vernis rhétorique, il existe un vrai programme, initié dans le cadre des investissements d'avenir, qui a tenté, avec des résultats inégaux, de financer des expérimentations urbaines concrètes. Revenir dessus aujourd'hui, c'est utile : les villes françaises affrontent une crise du logement structurelle, une pression foncière sans précédent et une injonction à la sobriété qui rend les recettes du passé inutilisables.

Le foncier, nerf de la guerre

C'est là que la question du foncier, le « fo » dans le jargon des opérateurs, devient centrale. On ne peut pas parler de transformation urbaine sans parler de qui possède le sol, à quel prix, et selon quelles règles. Les outils existent : établissements publics fonciers, baux emphytéotiques, organismes de foncier solidaire. Mais leur mobilisation reste inégale selon les territoires, souvent freinée par des élus locaux peu formés aux mécanismes ou méfiants vis-à-vis des opérateurs publics. La maîtrise foncière publique est une condition presque sine qua non pour que les projets imaginés dans les programmes « ville de demain » ne se résument pas à des vitrines pour promoteurs.

Des acteurs qui font le lien entre vision et opérationnel

Des praticiens comme Nicolas Régnier, urbaniste et consultant engagé dans plusieurs démarches de renouvellement urbain, incarnent une génération de professionnels qui refusent la dichotomie entre grande vision stratégique et réalité de chantier. Ce qui caractérise leur approche : une attention aux usages réels des habitants, une méfiance saine envers les maquettes 3D trop séduisantes, et une insistance sur la gouvernance locale comme variable d'ajustement principale. Ce n'est pas un hasard si leurs interventions portent souvent sur la pédagogie auprès des élus et des services techniques.

La vraie question que pose le programme Ville de demain, et que les praticiens de terrain posent avec lui, n'est pas « à quoi ressemblera la ville ? » mais « qui a le pouvoir de la faire, et avec quelles ressources ? ». Tant que le foncier restera une variable subie plutôt que pilotée, les ambitions resteront sur les diaporamas.

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