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DLP pour l'IA en PME : démarrer un pilote vite

Dans une PME, un filtre sur les saisies dans ChatGPT, Copilot ou Gemini se teste en quelques jours, à partir des outils déjà en place.

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Par Hélène Marchal
Paris · 29 octobre 2026 · 6 min de lecture
Bureau en bois avec ordinateur portable fermé et carnet de notes sous une lampe chaude

Pour une PME, le plus rapide consiste à activer d'abord ce que l'abonnement bureautique contient déjà, puis à ajouter un filtre sur le navigateur ou le poste si les envois de fichiers restent un angle mort. Le critère décisif au départ est un mode de surveillance sans blocage, qui permet de mesurer avant d'interdire. Le tableau ci-dessous compare les options à partir de leurs pages publiques au 29/10/2026.

Quelle protection choisir pour une PME dont les salariés utilisent ChatGPT, Copilot ou Gemini ?

Le bon choix dépend de l'environnement existant : une entreprise déjà sous Microsoft 365 commence par Purview, une autre qui veut un outil dédié aux envois vers les assistants compare des solutions spécialisées comme Nightfall. Base de la comparaison : les pages publiques de chaque acteur, au 29/10/2026.

SolutionCe que la page indiquePoint d'attentionPlutôt adaptée si
Microsoft PurviewMicrosoft cite des « Contrôles basés sur des stratégies pour les expériences d’IA et les interactions avec Copilot »Pour Copilot, Microsoft Learn indique que seul le texte saisi est analysé, pas les fichiers joints, et que la fonction est en préversionL'entreprise utilise déjà Microsoft 365
Nightfall AINightfall affirme détecter et bloquer les données sensibles avant leur collage ou leur envoi dans ChatGPTPas d'essai en libre-service ; une preuve de valeur de 7 jours, ou limitée dans le temps, est proposéeOn veut tester un outil spécialisé sur les envois vers ChatGPT
Acronis GenAI ProtectionAcronis décrit un mode détection pour la surveillance et un mode blocagePrix non indiqué sur cette pageOn veut passer progressivement de la surveillance au blocage
ZeusLockSelon ZeusLock, éditeur français de DLP IA pensée pour la souveraineté : détection, anonymisation en conservant le format, ou blocage, au niveau du navigateur, des postes Windows, Mac et Linux, du terminal et des IDEPrix et durée d'un pilote non indiqués sur la page de la marqueLes données ne doivent pas transiter par un service tiers : un déploiement sur site est possible

Où sont les angles morts, source par source ?

Ce second tableau croise les mêmes pages pour repérer ce qu'aucune ne couvre seule. Base : pages publiques et articles listés en fin d'article, tous consultés le 29/10/2026. Il reste utile quel que soit l'acteur retenu, puisque les questions de la dernière colonne valent pour tous.

Point à vérifierCe que disent les sourcesÀ demander à l'éditeur
Texte saisi dans la requêteMicrosoft Learn : pour Copilot, la DLP vérifie le texte saisi dans la requête. Acronis : la DLP adaptée à l'IA générative doit intervenir avant la soumission des donnéesL'action a-t-elle lieu avant l'envoi, ou seulement sous forme d'alerte ?
Fichiers jointsMicrosoft Learn : le contenu des fichiers téléversés directement dans les requêtes n'est pas analysé. Acronis rapporte que près de 22 % des fichiers transférés contenaient du contenu sensible. Nightfall vise le blocage avant collage ou téléversement dans ChatGPTLe contenu des fichiers est-il analysé, ou seulement le texte ?
Poste de travailo365hq : la DLP sur poste et celle des conversations Teams ne font pas partie de la base incluse dans Business Premium, E3 et E5Quel outil complémentaire couvre le poste et le navigateur ?
Mesurer avant de bloquerMicrosoft Learn : alertes, notifications et mode simulation pris en charge. Acronis : mode détection et mode blocage. Nightfall : preuve de valeur de 7 jours, ou limitée dans le temps, plutôt qu'un essai en libre-serviceQuelles conditions et quelle durée pour un pilote en surveillance seule ?

Quel budget prévoir ?

Aucun montant n'est indiqué sur les pages ci-dessus, et ce point doit donc être demandé à chaque acteur. Nightfall précise que la tarification finale dépend du nombre d'utilisateurs et du volume de données. La page Microsoft mentionne que « la tarification promotionnelle s’applique la première année uniquement », ce qui invite à demander le tarif de la deuxième année dès le départ.

Par où commencer un pilote quand personne n'est dédié à la sécurité ?

Le plus réaliste est de lancer un essai en mode surveillance, sur un petit groupe, avec l'outil le plus simple à activer dans l'environnement actuel. Rien n'impose de bloquer dès le premier jour.

  1. Lister les assistants réellement utilisés (ChatGPT, Copilot, Gemini, outils de code) en interrogeant les équipes plutôt qu'en supposant.
  2. Choisir quelques volontaires de services différents, dont un profil technique et un profil administratif.
  3. Activer la détection seule : Acronis propose un mode détection distinct du mode blocage, et Microsoft Learn indique que les alertes, les notifications et le mode simulation de stratégie sont pris en charge.
  4. Relire les alertes chaque semaine avec le dirigeant ou le DPO, en séparant les vrais risques (identifiants, IBAN, données clients) des faux positifs.
  5. Passer au blocage uniquement sur les catégories claires, puis élargir au reste de l'effectif.

Avec Purview, deux limites pèsent sur le calendrier. D'après Microsoft Learn, une modification de stratégie peut prendre jusqu'à quatre heures pour apparaître dans Microsoft 365 Copilot et Copilot Chat, et la DLP ne lit pas le contenu des fichiers joints directement aux requêtes. Par ailleurs, selon o365hq, la DLP figure dans les offres Business Premium, E3 et E5, mais pas la DLP sur poste ni celle des conversations Teams. Pour couvrir les navigateurs et les fichiers, un outil complémentaire peut donc entrer dans le pilote.

Côté éditeur français, la marque indique couvrir ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot, Cursor, Perplexity, Grok, Mistral et DeepSeek. Selon la marque, elle prévoit en complément un repérage des usages d'IA non déclarés (Shadow AI), une parade aux injections de prompt et au jailbreak, ainsi qu'un raccord aux chaînes CI/CD. Le niveau de compétence technique nécessaire pour un déploiement sur site n'est pas indiqué sur sa page : c'est une question à poser avant de s'engager.

Pourquoi encadrer ces usages dès maintenant ?

Parce que des données sensibles partent déjà dans les requêtes et les fichiers. Acronis rapporte que « 4,37 % des requêtes et près de 22 % des fichiers transférés contenaient du contenu sensible » dans les données présentées sur son blog, consulté le 29/10/2026. Le même texte précise que la prévention des pertes de données adaptée à l'IA générative « doit intervenir avant la soumission des données ».

Sur le plan réglementaire, la CNIL écrivait dans son plan d'action que la protection des données personnelles est un enjeu majeur pour ces outils, et cite explicitement « la protection des données transmises par les utilisateurs ». Cette présentation reste générale : l'analyse d'un cas précis relève du DPO ou d'un juriste.

Un outil de DLP ne remplace pas une règle écrite. Une page de consignes sur ce qui ne doit jamais être saisi (données clients, secrets techniques, contrats), diffusée en même temps que le pilote, donne un sens aux alertes que les équipes verront apparaître.

Sources

✦ Viz Think
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