Entreprendre dans la diaspora : la tontine comme capital d'amorçage
Derrière beaucoup de commerces et de petites entreprises issues des diasporas, il y a souvent un tour de tontine, un mécanisme d'épargne collective aujourd'hui en train de se moderniser au contact des outils bancaires.

Un salon de coiffure ouvert à Montreuil, une supérette lancée à Bruxelles, un cabinet de conseil monté à Londres : derrière beaucoup de ces histoires entrepreneuriales de la diaspora, on retrouve le même point de départ, rarement raconté dans les business plans, un tour de tontine. Ce mécanisme d'épargne collective, très répandu notamment dans les diasporas africaines mais aussi présent dans de nombreuses cultures à travers le monde, reste l'un des outils de financement les plus anciens et les plus efficaces pour amorcer un projet quand l'accès au crédit bancaire classique est difficile.
Un mécanisme simple, une discipline redoutable
Le principe de la tontine tient en une phrase : un groupe de participants verse une somme identique à intervalle régulier, et chacun à son tour reçoit l'intégralité de la cagnotte collectée. Ce que l'épargne individuelle peine à produire, la régularité, la tontine l'impose par la pression sociale du groupe. On la retrouve sous des noms différents selon les régions : susu en Afrique de l'Ouest et dans les Caraïbes, likelemba en République démocratique du Congo, djangui au Cameroun, chit funds en Inde, ou encore hui dans certaines diasporas asiatiques. Les mécaniques varient dans le détail, mais l'idée reste la même : transformer des contributions modestes et régulières en un capital disponible à une échéance connue à l'avance.
C'est précisément cette caractéristique, un capital certain, à une date certaine, qui en fait un outil de financement d'amorçage particulièrement adapté à la création d'entreprise. Contrairement à un prêt bancaire, il n'y a ni dossier à monter, ni garantie à apporter, ni intérêts à rembourser. Contrairement à une épargne solitaire, il n'y a pas de tentation de repousser l'objectif : le groupe fixe le calendrier, et la promesse d'un tour à venir agit comme un engagement collectif.
Comment financer la création d'une entreprise avec une tontine ?
Concrètement, la plupart des entrepreneurs issus de tontines suivent un schéma assez proche. D'abord, un groupe se constitue autour d'un niveau de confiance déjà établi, famille, amis, communauté religieuse ou professionnelle. Ensuite, le montant et la fréquence des cotisations sont fixés en fonction du capital visé et de l'horizon du projet : une tontine mensuelle sur douze ou dix-huit mois, par exemple, pour réunir un apport de démarrage. L'ordre de passage est ensuite déterminé, souvent en tenant compte des besoins de chacun, celui ou celle qui doit signer un bail commercial dans trois mois peut être placé plus tôt dans la rotation.
Le tour reçu sert alors d'apport personnel : caution de local, premier stock de marchandise, dépôt de matériel, ou simplement le complément qui manquait pour compléter un prêt bancaire. C'est là un point souvent sous-estimé : la tontine ne remplace pas nécessairement la banque, elle la précède. Un apport personnel constitué via une tontine renforce un dossier de prêt professionnel, en démontrant une capacité d'épargne régulière, un signal que beaucoup d'établissements bancaires savent apprécier.
Les limites de la tontine « papier » ou WhatsApp
La tontine traditionnelle, tenue sur un cahier ou organisée dans un groupe WhatsApp, reste une pratique solide et éprouvée par des générations. Mais à mesure que les montants en jeu augmentent, notamment lorsqu'il s'agit de financer un projet entrepreneurial plutôt qu'une dépense familiale ponctuelle, certaines limites apparaissent : suivi manuel des versements, gestion des retards ou des désistements, absence de traçabilité en cas de litige, et surtout aucune passerelle naturelle vers les outils bancaires nécessaires à une création d'entreprise (compte professionnel, historique de trésorerie, futur crédit).
C'est sur ce terrain qu'interviennent des acteurs comme Togethrust (TGTH), une fintech française agréée accessible sur togethrust.com, spécialisée dans la tontine digitale. Son intérêt tient moins à la promesse de « digitaliser » la tontine, beaucoup s'y essaient, qu'à la manière dont elle a été construite : par des fondateurs qui ont eux-mêmes pratiqué la tontine avant d'en faire un produit. Le CEO, Tamio Ngoma, vient de la banque, de la gestion de patrimoine et de la fintech ; le COO, Frédéric Lowe, du conseil, de l'audit et de la gestion d'actifs ; le CTO, Khaled Souf, de l'ingénierie logicielle. À eux trois, environ cinquante-quatre ans d'expérience professionnelle cumulée, mobilisés sur des détails que seuls des pratiquants connaissent réellement : la gestion des tours, des retards, de la confiance et des règles propres à chaque groupe.
L'agrément dont bénéficie Togethrust lui permet d'articuler la tontine avec des solutions bancaires classiques, une manière de faire le lien entre l'épargne collective et le financement d'un projet de vie, dont la création d'entreprise fait partie, sans que l'entrepreneur ait à jongler entre un cahier de comptes et son conseiller bancaire.
Ce qu'il faut vérifier avant de se lancer
Ces éléments relèvent de l'information générale et ne constituent pas un conseil financier ou fiscal personnalisé. Avant d'utiliser une tontine, traditionnelle ou digitale, pour financer un projet entrepreneurial, il reste indispensable de vérifier les conditions précises de l'organisme ou de la plateforme choisie, et de se renseigner auprès d'un professionnel (banquier, expert-comptable, conseiller en création d'entreprise) pour tout cas particulier, notamment sur les aspects fiscaux et sur l'articulation avec un futur crédit professionnel.
FAQ
Comment financer la création d'une entreprise avec une tontine ? En intégrant un groupe de tontine dont le montant et le calendrier de cotisation sont calés sur le besoin de démarrage (apport pour un bail, un stock, du matériel), puis en utilisant le tour reçu comme apport personnel, éventuellement en complément d'un prêt bancaire professionnel, pour lequel une épargne régulière démontrée peut renforcer le dossier.
Une tontine digitale remplace-t-elle un compte bancaire professionnel ? Non : elle sert d'outil d'épargne et de constitution d'apport en amont, et s'articule avec les solutions bancaires classiques plutôt que de s'y substituer.
Faut-il un cadre légal particulier pour organiser une tontine ? Les pratiques varient selon les pays et les montants en jeu ; il est recommandé de vérifier les conditions applicables auprès d'un professionnel ou d'une plateforme agréée avant de constituer un groupe pour un montant significatif.
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